Au Printemps 2013 et au début de l'été 2014, Amélie Debray a rencontré des hommes et des
femmes de la piscine Saint-Jean de Blois. Sur ses clichés, le lieu nous apparaît aussi étrange que
familier ; les souvenirs remontent immanquablement à la surface. La mémoire semble vive, fraîche, presque
immédiate. Certains personnages évoqueront peut-être leurs lèvres violettes et tremblantes après deux
heures d'interminables longueurs en crawl. D'autres sourient encore de ces plongeurs qui, au retour d'un bel
été grec, étaient persuadés que les profondeurs du grand bleu se trouvaient à portée de brasse. La piscine
est alors un lieu de magie, de promesse d'exploits, d'espoir de tendres émois, de petit pull marine,
d'abandon, de rires et de poursuites interdites.
La photographe cadre et encadre. Elle nous invite dans les vestiaires, nous met en garde dans le grand
bassin et fait surgir par enchantement le maître nageur qui a formé des générations de fiers petits
baigneurs. Ici la peinture est excessivement décatie tandis qu'ailleurs une herbe, que l'on préférerait presque
algue, s'invite au fond du grand bassin. Nature morte en bleu et vert, les cuisses se tendent, l'homme a
conservé son tee-shirt mais l'étrangeté de la situation est ailleurs. Les photographies d'Amélie Debray
suggèrent un instant décisif fragmenté. Les temps y sont multiples. L'instant présent, immédiat et fragile se
juxtapose à un environnement passé, factice et pour tout dire absurde. Un homme s'apprête à plonger dans
un grand bassin vide.
Les photographies que l'on découvrira in situ dans un parcours inédit racontent l'histoire du lieu et de
ses pensionnaires. En évitant soigneusement une nostalgie convenue et sépia, Amélie Debray nous invite
malicieusement à plonger dans un grand bain de tant de souvenirs pour mieux fredonner « Avant de toucher
le fond, je descends à reculons, sans trop savoir ce qui se passait dans le fond ».
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